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DÉFENDRE LES DROITS DES AUTOCHTONES : QUEL OUTIL ?

CARTOGRAPHIE ET DROITS

Renforcer son plaidoyer

Les cartographies participatives sur l’élevage pastoral font la promotion des droits des éleveurs autochtones, Tawaangal Pastoralisme va en faire l’inventaire afin de les vulgariser et les mettre à la disposition des acteurs locaux à travers son fonds documentaire.

Le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique (IPACC) a développé  un plan stratégique visant à renforcer la capacité de plaidoyer des populations autochtones par le biais de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), et plus particulièrement les technologies de l’information géospatiale (TIG).

L’objectif de l’utilisation de la TIG participative est de traduire les connaissances orales et immatérielles sur les écosystèmes, la diversité biologique et les ressources naturelles en cartes et en médias visibles, lisibles par des personnes extérieures (y compris les fonctionnaires de l’Etat), ce qui atteste de l’expertise et des connaissances, des pratiques et des valeurs locales. Les cartes servent de plateformes au dialogue interculturel, à la planification, à la consultation et à la protection des droits des peuples autochtones.

CARTE ET NÉGOCIATIONS TERRITORIALES

Connaitre ses droits fondamentaux

La cartographie participative peut se définir, au sens large, par la création de cartes par les populations locales, souvent avec l’implication d’organisations d’appui, notamment des gouvernements, des organisations non gouvernementales (ONG), des universités et d’autres acteurs engagés dans le développement et la planification de l’accès aux terres.

Les cartes participatives rendent possible une représentation visuelle fiable de la perception qu’a une communauté de l’endroit où elle vit et de ses principales caractéristiques. Ces dernières comprennent la représentation des caractéristiques physiques et des ressources naturelles ainsi que les caractéristiques socioculturelles connues par la communauté.

La cartographie participative fournit les compétences et l’expertise nécessaires aux membres de la communauté pour représenter les connaissances que les membres de la communauté ont de l’espace et pour s’assurer aussi comment et à qui communiquer les informations ainsi fournies.

Le processus de cartographie participative peut contribuer à renforcer sa cohésion, encourager ses membres à participer à la prise de décision concernant l’accès aux terres, sensibiliser aux questions foncières les plus préoccupantes, mais aussi, à terme, contribuer à l’autonomisation des communautés locales et de leurs membres.

Les cartes participatives jouent un rôle important d’aide aux groupes marginalisés notamment les populations autochtones, pastorales pour la reconnaissance juridique de leurs droits fonciers coutumiers. Les ONG, depuis les petites organisations locales jusqu’aux grandes structures internationales, jouent souvent un rôle fondamental d’interlocuteurs, de formateurs, de militants et de facilitateurs dans les initiatives communautaires de cartographie. Certains projets de la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) se concentrent sur les cartes comme moyen de plaidoyer.

CARTOGRAPHIE ET PASTEURS

Les Mbororos et les cartes en 3D

La cartographie participative en trois dimensions permet aux éleveurs bororos de raconter leur histoire « climatique », voire leur histoire tout court. Cette approche de gestion de l’espace concilie les savoirs météorologiques traditionnels et modernes d’une part et les technologies de pointe (GPS, satellite, logiciels…) d’autre part afin d’encourager le dialogue entre producteurs ruraux, chercheurs et décideurs en vue de produire et diffuser de la connaissance et surtout influencer les politiques de développement rural.

Produire ce type de maquette est une performance technique et socio-linguistique. Afin de faire des populations les acteurs clefs de la production de la maquette, il faut utiliser leurs langues. La cartographie participative en tant qu’approche et outil de gestion de l’espace constitue un puissant révélateur des risques que courent certaines langues : des plantes qui disparaissent, ce sont des mots qui tombent dans l’oubli et ce sont des dialectes qui s’assèchent et meurent.

L’élaboration de la maquette favorise la prise de conscience sur la dégradation de la flore, la disparition de la faune, sur les droits reconnus ou déniés, sur l’absence d’aménagements. La maquette permet non seulement le partage des connaissances entre générations, mais elle favorise aussi le décloisonnement des acteurs du développement en leur offrant une tribune d’échanges sur des sujets sensibles mais rarement abordés.

La maquette permet aux communautés de relever six grands défis : mieux connaître leur environnement, répertorier leurs savoirs traditionnels, résoudre les conflits inter communautaires et vivre paisiblement et pacifiquement entre usagers de ressources naturelles en constante diminution pour mieux les gérer, décider du développement de leur région, entrer en dialogue avec les pouvoirs publics pour influencer les décisions qui touchent directement leur vie.