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L'OBSERVATOIRE DE TAWAANGAL POUR L'ENVIRONNEMENT

L'OBSERVATOIRE DE TAWAANGAL

Créer un lieu d'échange des savoirs faire

Les pasteurs choisissent et prospectent les zones de transhumance en fonction des ressources disponibles localement et aussi de leurs moyens (droits, capacités) à disposer de ces ressources et de préserver et bien entretenir leurs animaux. Ces précautions répondent exactement au souci de s’assurer des « capitaux » économiques et sociaux

Les pasteurs s’informent sur les ressources et y accèdent en combinant sans cesse le métier technique pastoral (la connaissance des graminées et d’autres ressources naturelles, la reconnaissance des indicateurs du climat, une appréciation de la santé des bêtes) avec la connaissance des lieux, celle du peuplement (à qui sont, et donc, où pâturent ces animaux en forme ?) et la routine quotidienne de la vie en société. C’est en cela que les informations sur les ressources sont profondément intégrées dans l’organisation sociale pastorale.

Les pasteurs utilisent également des indicateurs discontinus, plus proches de la conception technique des systèmes d’information. Ces indicateurs renseignent les pasteurs sur leur environnement avec une précision inaccessible pour les systèmes d’information. La présence des feuilles tombées, précieuses pour nourrir les animaux pendant les longues étapes de transhumance sur des sols nus, ne se voit pas sur des cartes de biomasse. La configuration et la visibilité des étoiles varient localement : la disparition de la voie lactée augure l’approche des pluies.

On distingue les informations produites par les sociétés pastorales, émanant de l’ensemble des savoirs, connaissances et compétences techniques, d’autres types d’informations diffusées par les média, circulant dans les marchés, les lieux de rencontre ou par d’autres moyens.

Le système endogène d’information se caractérise par la nature des informations, leurs canaux de diffusion, et les raisons qu’ont les éleveurs de partager – ou non l’information.

UN SYSTÈME D'INFORMATION ENDOGENE

Le savoir faire traditionnel des éleveurs nomades

Les populations pastorales fonctionnent sur la base de systèmes d’information endogènes qui répondent à leur demande.

L’information circule de différentes manière, notamment au cours des échanges de salutations. Il existe des informations routinières, échangées au cours des salutations pour établir le contact, et à chaque occasion de rencontre : les nouvelles familiales, par exemple ; et d’autres informations qui concernent les troupeaux dont dépend l’essentiel des ressources familiales.

Les connaissances sur les ressources naturelles font partie des informations stratégiques. Dans un milieu où l’accès aux pâturages et à l’eau n’est pas exclusif, la gestion de l’information joue un rôle crucial, puisque l’accès se joue sur la promptitude autant que sur l’entretien des liens sociaux entre les usagers et les ayant-droits.

La notion de l’information est donc très fortement liée aux enjeux de connaissance, d’accès aux ressources, de survie et de pouvoir : la maitrise de l’information est d’un intérêt vital. En milieu pastoral, l’information de valeur est celle que seul un ami proche ou une rare personne de confiance peut fournir, sa fiabilité est constamment et personnellement vérifiée, de façon à réduire la probabilité du risque associé à l’échange.

Le savoir faire des éleveurs résulte d’une combinaison de savoirs pour trouver le bon endroit, le modji jofde en peul. La recherche d’information met en cause des formes de collaboration avec l’environnement social et technique : l’élevage extensif peut être assimilé à un réseau complexe, reposant sur des relais sociaux d’information.

La gestion complexe, stratégique et adaptée du pastoralisme montre une forme de rationalité adaptée au contexte social dans lequel les pasteurs évoluent et qu’ils contribuent à faire évoluer.

Les savoirs développés par les sociétés pastorales sont façonnés, améliorés, remis en cause par d’autres connaissances. Ces savoirs ne sont pas détachés de la pratique pastorale. Ils peuvent être qualifiés de savoirs géographiques (les éleveurs se repèrent dans ces zones vastes au cours de leurs déplacements sans boussoles, ni cartes, l’espace est vécu et incorporé par des signes et symboles qui échappent aux non initiés), médicaux (savoir entretenir un troupeau et une famille dans des zones non desservies en infrastructures médicales), biologiques (savoir lire la végétation et octroyer à chaque plante des vertus), climatologiques (prédire les précipitations, les saisons en fonction de la disposition des étoiles, et d’autres signes).