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LES FOULBES OU PEULS

Les Fulbé, Fulani ou Peuls, qui sont aujourd’hui largement sédentarisés étaient à l’origine des bouviers nomades, vivant dans la zone d’Afrique centrale et de l’Ouest qui s’étend du Sénégal à l’Éthiopie et du Sahel au Soudan, et même de nos jours dans les aires forestières. Leur nombre est estimé à plus de 10 millions vivant en grand nombre au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Côte d’ivoire, au Niger, au Nigeria, au Sénégal, au Cameroun et en Mauritanie. Historiquement, des groupes variés de Fulbé se sont développés : la ville Fulbé, les Fulbé semi-sédentaires et les Fulbé nomades (c’est à dire les Mbororo, les Wodaabé, les Aku’en). A partir du 17ème siècle, les Fulbé ont établi des empires en Afrique de l’Ouest.

Les Fulbé sont divisés en clans variés, reconnaissables par leur nom de clan spécifique. Ces clans sont associés à des styles de vie divers, et, parfois, dans les cas des groupes nomades, à du bétail ou à des ovins spécifiques. Ils ont aussi en commun un certain itinéraire pour leurs activités pastorales. Les Fulbé ont une langue commune, avec toutefois des dialectes différents.

Les groupes variés qui sont considérés comme des éleveurs Fulbé sont aussi très différents les uns des autres. Leur style de nomadisme n’est pas identique, et ils ont, à des degrés divers, des occupations autres que pastorales, par exemple, dans le milieu urbain, comme gardiens de maisons, vendeurs de bijoux, ou fermiers dans certains cas, avec des activités dans les transports. Le passé récent de ces groupes montre que la diversification dans leurs activités fait partie du style de vie pastoral comme réponse à une situation de crise. La situation actuelle peut donc être vue comme une variation de cette stratégie ancienne. Dans les études concernant les Fulbé, l’accent est mis de façon importante sur les codes moraux qui guident les décisions journalières, aussi bien dans leurs relations avec les autres personnes à l’extérieur et à l’intérieur de leur propre groupe (le nom courant pour ce code est ‘pulaaku’). Le ‘pulaaku’ est compris comme les codes et le comportement moraux des Fulbé, et la présence de ces codes est bien marquée chez les Fulbé nomades. On peut dire que le pulaaku est devenu la “marque” des Fulbé qui leur permet de s’unir et de défendre leurs droits.

Pour comprendre le style de vie des Fulbé nomades, il est important de garder à l’esprit que leur structure sociale, bien qu’elle soit enchâssée dans un idiome de relations strictes (le pulaaku) est en même temps extrêmement flexible. Ceci est dû à leur style de vie caractérisé par la mobilité et la nécessité d’être flexible pour nourrir le bétail. Cette flexibilité est reconnaissable dans de nombreux autres domaines sociaux et culturels. Les Fulbé sont généralement extrêmement flexibles dans leur définition des relations de parenté, dans leurs rapports avec d’autres qui peuvent être associés à leur style de vie mobile. La position des jeunes hommes semble être sous pression. Ils n’ont plus de position satisfaisante dans la société comme les troupeaux ne sont souvent plus assez grands pour leur permettre de continuer un mode de vie pastoral, et en outre, être berger n’est plus le seul horizon pour ces jeunes gens. Dans les pays situés en zones arides, on constate qu’en dépit du rôle et de l’importance économique de l’élevage pastoral, les éleveurs nomades, à la base de la production, restent les laissés pour compte du développement. Il apparaît donc nécessaire de faire participer les éleveurs nomades au processus de développement social, leur permettant ainsi de tirer avantage d’une richesse qu’ils génèrent eux-mêmes . Dans la perspective d’un développement social axé sur les objectifs du millénaire pour le développement et, notamment, sur « la lutte contre la pauvreté », le problème de la vulnérabilité des éleveurs nomades est fondamental du fait qu’ils sont les dépositaires d’un mode et de techniques de production durable, adaptés aux zones arides et semi-arides.