Culture des nomades

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CULTURE DES NOMADES : UN CONSERVATOIRE

Catégories sociales et structures lignagères, idéologies et appellations, code de l’honneur, modes de l’échange, répartition des fonctions, rites initiatiques, cérémonies, actions guerrières, costumes, tel est aujourd’hui le monde nomade que l’on a décidé de mettre en fiche car leur fin semble annoncée.

Leur musique, contes et poèmes font l’objet d’ouvrages. Les compagnies de télévision filment les dernières parades touarègues. Le Sahara, est devenu un conservatoire ethnographique.

Le Sahara, depuis quelques décennies, apparaît pour beaucoup de chercheurs comme une zone, dont il faut à tout prix protéger la survie.

Préhistoriens, archéologues, anthropologues, naturalistes, n’ont cessé d’annoncer la déstructuration des aires géographiques et de leurs habitudes.

Humanité nomade en sursis

Les chercheurs français ne sont pas les seuls à déplorer la disparition de la culture nomade.

D’autres scientifiques ont constaté que les populations de nomades au Sahara se sont inversée au profit des sédentaires. Les concepts de « société de pasteurs », de « civilisation du désert », de « peuple du voile » sont en voie de disparition.

Perte d’identité et d’existence

Militairement réduits, ethnologiquement annihilés, acculturés selon les modèles définis par les centres politiques, le désert du Sahara semblent perdre sa spécificité en même temps que les populations qui y vivent voient se réduire leur autonomie ; certaines parmi ces dernières se trouvent mêmes condamnées à mendier leur subsistance.

Univers en péril

Tout leur univers de référence périt au fur et à mesure que les nomades perdent leurs terres de parcours que s’approprient les sédentaires. Les caravaniers deviennent les prisonniers de frontières politiques. Les traditions orales, spécificités organisationnelles, rythmes de nomadisation, modèles lignagers, le tout se perd lentement.

Préserver les cultures nomades

Notre association fait partie de celles qui évoquent les appels en faveur d’une mobilisation générale pour empêcher troupeaux et les peuples nomades de disparaître culturellement, voire physiquement.

Le Sahara des nomades doit-il être considéré comme « éteint », étouffé qu’il est dans divers États nationaux et miné par une série de cataclysmes d’ordre climatique et politique ?

De nos jours, les sociétés nomades connaissent, dans le cadre de stratégies étatiques visant à leur intégration économique, politique et culturelle, des mouvements de déstructuration pouvant conduire à l’exode, et paupérisation.

Négation de l'identité nomade

La langue et l’écriture, sont des jalons  de l’identité culturelle. L’usage des tifinagh liée à la mythologie fondatrice des Touaregs est remis en cause par les religieux et les institutions scolaires et administratives des Etats où ils vivent.

Dans le nouvel ordre politique, économique et social instauré par l’islamisation et la colonisation les nomades ne comptent pas en tant que tels.

Leur intégration au système national passe dans chacun des États où ils se trouvent par des programmes de sédentarisation, c’est à dire par la négation d’eux-mêmes.

LE NOMADISME MENACE

Le nomadisme pastoral exige de vastes espaces dont les limites ne soient pas trop rigides, de manière à offrir des ressources complémentaires en fonction des saisons et des conditions climatiques.

Le nomadisme pastoral, est un rapport de l’homme avec ses troupeaux, c’est aussi et surtout la possibilité de choisir ses parcours, et sa culture.

Ces choix sont de plus en plus limités et aujourd’hui, ils doivent prendre des décisions qui engagent leur avenir et modifient leurs mode de vie sous la contrainte.

C’est à cause de cette absence de choix que les nomades risquent de perdre leurs valeurs et d’oublier les techniques pastorales qui sont le fondement de leur civilisation.