Danses wodaabe

danses wodaabe

DANSES WODAABE FESTIVE

Danses wodaabe pendant la cure salée

Dans la ruumi, les jeunes gens sont en cercle et tournent pas à pas vers la droite en frappant des mains et en chantant. Dans la yaake, ils sont alignés, et soulèvent lentement leurs talons, lèvent leurs bras et réalisent différentes expressions du visage.

Ce qui faitt apparaître le blanc des dents et des yeux. La geerewol oppose durant sept jours, deux lignages adverses dans le chant et la danse. L’enjeu est en fin de compte de se séparer pacifiquement en se reconnaissant une culture mutuelle.

La stratégie des nomades est de ritualiser le conflit pour mieux préserver la paix. Cela contribue à l’unité du groupe et des lignages.

Geerewol, la paix

La chorégraphie suit la course du soleil. L’élection du meilleur danseur par une femme du lignage adverse est la réactualisation théâtrale du mythe d’origine. La beauté archétypale des jeunes élus est celle du couple fondateur.

Il ne s’agit pas d’ un simple concours de beauté, la geerewol est une danse, au cours de laquelle les ancêtres viennent s’incarner dans le corps des vivants pour mieux consacrer la continuité de l’identité collective.

Centrée sur le chant et la danse, la gereewol est un système de représentation du monde qui fut sans doute caractéristique de l’ensemble du monde peul avant son islamisation.

Danser pour le soleil

Le gerewol constitue une endurance physique pour les hommes, tant par l’effort fourni durant les danses que par une prise de nourriture restreinte en conformité aux règles de la pulaaku.

Lors de la danse, les hommes Wodaabe jouent sur l’ouverture et la fermeture de leurs yeux, car c’est en conférant une expressivité au regard que la séduction s’opère. Lors de cette cérémonie, deux lignages s’affrontent selon une logique de compétition égalitaire : chaque groupe d’hommes est jugé par les jeunes femmes du lignage opposé et vice et versa à tour de rôle.

Perpétuer la tradition

Cette cérémonie de la gereewol favorise la mobilité sociale, en accroissant la cohésion du groupe par le rapprochement de lignages de différents campements. Ce rituel wodaabe de séduction renouvelle ainsi un ordre social à travers la compétition et la danse comparées à une guerre rituelle.

Cette fête contribue à la fois à augmenter le prestige des hommes et à les intégrer dans la mémoire collective par l’obtention d’un statut particulier. La musique et la danse sont l’expression esthétique de différentes manières d’être ensemble dans cette société nomade.

LES DANSES WODAABE  : AFFIRMATION IDENTITAIRE

Les danses sont un lieu d’affirmation identitaire essentiel pour les WoDaaBe. Les danseurs offrent la représentation qu’ils se font d’eux-mêmes, une identité qui se centre chez eux sur la beauté physique (Lassibille 2004) et attire particulièrement le regard.

Pour les wodaabe, les danses affirme la présence de l’autre mais confirme la limite entre soi et autrui. Elles suscitent le regard nécessaire pour définir et affirmer l’identité du groupe.

La séduction constitue également un élément central de cérémonies rituelles des wodaabe. Ce rituel peul de séduction renouvelle ainsi un ordre social à travers la compétition et la danse comparées à une guerre rituelle. Ces danses rituelles contribuent à augmenter le prestige des hommes et à les intégrer dans la mémoire collective par l’obtention d’un statut particulier.

Depuis leur arrivée au Borno au 16e siècle, les groupes restés nomades ont connu de multiples mouvements migratoires face à des chefs tyranniques, des conflits, des crises écologiques. La plupart des wodaabe sont partis au 19e siècle vers Sokoto et plus loin vers le Kebbi. Nombre d’eux arrivèrent ensuite au Niger au début du 20e siècle, selon des parcours et des rythmes différents.

Or les danses ne sont pas restées en marge de ces migrations. Elles ont connu des transformations au gré des lieux traversés et des groupes avec lesquels les Peuls nomades ont eu d’inévitables contacts. Le répertoire des danses suit donc les migrations wodaabe et porte la trace des influences qu’ils rencontrent à l’image de la réalisation par certains lignages de pratiques dansées et rituelles d’autre groupes.

Cependant ces changements peuvent être analysés sous un autre angle que celui des influences culturelles. Si les wodaabe adaptent certaines pratiques, c’est aussi qu’ils ont et tendent à avoir des nouveaux partenaires de danse qui constituent de nouveaux partenaires sociaux.

Chez les wodaabe pratiquer la danse avec un groupe est un critère d’affiliation avec lui. C’est un acte social et politique. Les alliances se sont réalisées à travers l’exécution de danses commune. Danser le geerewol dans un groupe définit l’appartenance politique à ce groupe.

Changer de partenaire de geerewol, c’est donc changer d’affiliation et de positionnement politique. Le geerewol est une danse où les positions lignagères sont nettement affirmées. Le geerewol se déroule lors d’une cérémonie inter lignagère appelé ngaanyka pendant lequel deux lignages se confrontent par la danse.