Développement pastoral et pauvreté

CONFLITS

Les conflits communautaires tendent à se déclarer surtout à cause de l’insécurité alimentaire chronique. L’amélioration de la sécurité alimentaire peut contribuer à plus de stabilité. Les conflits sont en accroissement du fait de la pression démographique et de la dégradation du climat. Ces phénomènes conduisent aux migrations des éleveurs vers le sud à la recherche de moyens de subsistance. La désaffection des jeunes pour l’élevage est criante et l’amélioration des conditions de vie des éleveurs (points d’eau à des distances raisonnables) est importante, compte tenu de la richesse que représente le cheptel.

ELEVAGE MOBILE

L’élevage mobile a une plus grande résilience face aux changements climatiques. Les éleveurs nomades en raison de leur mobilité et de leur adaptabilité, jouissent d’une position unique pour affronter les variations climatiques. Les capacités de gestion des ressources pastorales qui permettaient de faire face aux aléas climatiques se perdent de plus en plus en raison de l’installation de différents groupes externes sur les terres de parcours, surtout au cours des dernières décennies. Parce qu’il est adapté aux environnements difficiles, le mode de vie des éleveurs nomades ou transhumants, requiert une approche particulière en matière de développement.

LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Il est essentiel de préserver l’accès des éleveurs nomades aux ressources naturelles pour garantir leur capacité à réagir aux effets du changement climatique. Les choix politiques et les options d’investissement jouent, un rôle important pour l’avenir du pastoralisme. C’est eux qui vont décider si ce système continuera d’être marginalisé et menacé, ou s’il sera au contraire reconnu comme système de production rationnel et efficace, bien adapté à la variabilité environnementale. Le pastoralisme au contraire d’une idée bien répandue, est productif. Cette productivité repose sur l’élevage d’importants troupeaux sur de vastes espaces : la mobilité permet de tirer profit de ressources disponibles qui varient en quantité et en qualité d’un lieu à l’autre au cours de l’année. 

VULNÉRABILITÉ

Les pasteurs sahéliens sont sujets à une vulnérabilité qui est déterminée par une diversité de facteurs, aussi bien économiques que culturels. La vulnérabilité pastorale s’exprime dans un premier temps lorsque les conditions de survivance du bétail ne sont pas assurées  (manque de pâturage pour l’alimentation, manque d’eau, risques épidémiologiques). C’est seulement dans un second temps que la survivance du pasteur lui-même est mise en cause. Une multitude de chocs peuvent amener un pasteur à se trouver en situation de vulnérabilité (sécheresses, inondations, accaparement de terres, banditisme, terrorisme, maladie et épidémie animales, actions politiques, etc.). Au Sahel, ces chocs sont souvent généraux et touchent l’ensemble de la communauté pastorale.

Les conflits deviennent de plus en plus récurrents et de plus en plus visibles. La modernité, la démographie croissante, la pression foncière contribue à une situation de plus en plus tendue. Il faut ajouter à cela un désintérêt de la politique pour prendre ce problème au sérieux. Peu de mesures sont prises pour éviter les conflits.

shares