Ecosystèmes et services culturels

écosystèmes et services culturels

Le Sahara est un écosystème unique, avec une vie, une flore,  des habitants présents depuis la nuit des temps.

Le Sahel correspond à des écosystèmes arides et semi-arides. Dans les étendues semi-arides, se trouve une diversité d’écosystèmes (forêts sèches, steppes, savanes) aux ressources naturelles particulièrement fragiles.

Populations nomades, écosystèmes et services culturels

Il faut savoir que les écosystèmes naturels contribuent à une catégorie de services immatériels appelés «services culturels».

Ces services culturels sont : l’inspiration esthétique, l’identité culturelle, le sentiment d’appartenance et l’expérience spirituelle liés à l’environnement naturel.

Ainsi les services culturels font fréquemment partie des principales valeurs que les populations associent à la nature – il est donc essentiel de les comprendre.

Expérience spirituelle et sentiment d’appartenance

Chez les pasteurs des zones arides et semi-arides, la signification sociale du cheptel transparaît, notamment dans les traditions orales, lois et valeurs coutumières.

Le cheptel joue aussi un rôle important dans les cérémonies d’initiation et rites de passage, assimilation à la source de vie sans laquelle l’existence serait dénuée de sens, mesure de la richesse, danses traditionnelles.

Le partage social de races d’animaux dont on échange mâles et femelles sert à renforcer les liens sociaux, richesse de la mariée, célébration des naissances et autres cérémonies associées au cycle de vie.

Les services culturels, ou bénéfices non matériels que les pasteurs nomades tirent des écosystèmes contribuent à la diversité culturelle, aux valeurs spirituelles, aux systèmes de savoirs.

Rôle des écosystèmes chez les populations nomades du Sahel

Les écosystèmes influencent les valeurs éducatives, l’inspiration poétique, l’artisanat, les valeurs esthétiques, les relations sociales, les valeurs du patrimoine culturel, les paysages culturels.

Plus précisément la nature de l’écosystème influence et façonne toujours les cultures humaines, les systèmes de savoirs, les valeurs patrimoniales, les interactions sociales, l’épanouissement artistique et spirituel, et le développement intellectuel.

Les services culturels sont un élément essentiel du bien-être humain.

Dans la plupart des cultures et particulièrement dans la culture nomade du Sahel, le bétail induit un statut social.

Les dons d’animaux jouent un rôle majeur dans les relations humaines et événements tels les mariages et les funérailles.

Certaines espèces et races d’élevage sont intimement liées à l’identité culturelle des peuls nomades par exemple.

Au Sahel, les races de bétail autochtone ont joué un rôle dans la formation de nombreux paysages culturels.

L’apparence visuelle d’une race peut être une caractéristique essentielle d’un paysage. C’est notamment le cas des zébus mbororos, certaines caractéristiques particulières (par ex. comportement de pâturage) sont quant à elle nécessaires pour l’entretien du paysage.

Dans le cas de nombreux éleveurs nomades, espèces et races du bétail sont associées à des systèmes de connaissances et pratiques de gestion uniques, accumulées sur d’innombrables générations.

Reconnaitre les services culturels : une priorité

La valeur économique des services culturels est difficile à quantifier.

Cela signifie souvent que les décideurs politiques leur accordent une faible priorité malgré leurs rôles vitaux dans le bien-être humain.

Un manque de reconnaissance pour les services culturels qu’ils fournissent peuvent décourager les populations d’éleveurs nomades de poursuivre leurs pratiques pourtant essentielles.

Il est indispensable de permettre aux pasteurs et peuples autochtones, de continuer leurs méthodes d’élevage en fournissant sécurisation foncière et respect de leurs droits.

Les services écosystémiques fournis par les espèces et les races d’élevage doivent être beaucoup mieux compris.

Les interactions entre les services écosystémiques et la gestion du bétail, y compris les rôles des races, doivent être clarifié.

L’éducation et la sensibilisation sont essentielles pour améliorer l’appréciation et reconnaissance des services vitaux fournis par les espèces et les races d’élevage, ainsi que les rôles de gestion des éleveurs.

Parce que de nombreux services écosystémiques sont économiquement invisibles, les éleveurs qui fournissent ces services sont fréquemment incités à abandonner leurs pratiques traditionnelles.

Alors que la contribution des espèces et races animales à l’écosystème sont de plus en plus reconnues, très peu de données et d’informations sont disponibles sur le rôle culturel des acteurs.

La valeur économique de certains services culturels est difficile à quantifier.

Il est pourtant nécessaire de faire de leur protection une question sociétale et politique de choix.

Il faut savoir que les pasteurs et les petits exploitants sont les gardiens d’une grande partie de la biodiversité animale de la planète.

Leur capacité à continuer ce rôle peut devoir être soutenu – par exemple en garantissant un accès adéquat aux pâturages.

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