Gestion des territoires et mobilité

zones arides

En renforçant la viabilité pastorale, cela améliore la gestion du territoire et lutte contre la dégradation des terres et la désertification. Pour cela il faut laisser aux éleveurs pasteurs le contrôle de leurs ressources, et tirer partie de leurs savoirs techniques et réseaux socio-professionnels.

Pourquoi la mobilité pastorale ?

Dans le monde entier, y compris en Europe, l’élevage extensif et mobile du bétail, dit “pastoral” met en valeur la végétation naturelle de très vastes territoires. L’élevage pastoral au Sahel utilise la diversité botanique (des herbes aux arbres), et sa grande variabilité saisonnière (des repousses aux pailles) à travers sa distribution géographique dans les zones arides saharo-sahéliennes. Des accords sont sans cesse liés entre les pasteurs, pour régir les accès aux points d’eau et aux pâturages.

Dégradation et conflits

Aujourd’hui ces accords sont difficiles. Les espaces pastoraux se dégradent sous les effets conjugués du changement climatique et de pressions anthropiques. La mobilité des troupeaux est limitée lors des périodes critiques (saison sèche) par l’extension de l’agriculture. Des agriculteurs deviennent éleveurs. La propriété des troupeaux change de mains par opportunisme sans les savoirs faire nécessaires. Les relations qui permettaient des accords sur le partage des communs pastoraux n’existent plus.

Gérer durablement les territoires

L’élevage pastoral n’est pas seulement une activité économique, il est surtout le fondement de l’organisation des communautés pastorales et de leurs relations avec les autres. Le pastoralisme est un système de liens sociaux. De nos jours, les transformations profondes que connaissent les régions à tradition pastorale  vont au-delà des petits conflits traditionnels entre éleveurs et agriculteurs. Le pastoralisme jouait un rôle majeur dans l’économie des régions arides et de leurs voisinages. Il permettait une valorisation et une occupation de très vastes territoires.

Un patrimoine humain en péril

Sa disparition implique la disparition d’une grande partie du patrimoine culturel de l’humanité et des savoirs faire ancestraux car le pastoralisme participait à l’identité des communautés humaines de cette région. Le pastoralisme est un modèle d’adaptation à la variabilité du milieu et du climat. Les transitions écologiques, démographiques et territoriales qui ont un impact sur ceux qui vivent du pastoralisme doivent être mieux comprises afin de mieux prendre en compte tout son potentiel pour une gestion durable des territoires, leur économie et leur stabilité sociale.