Inaden et promotion de la culture

inaden et promotion de la culture

Inaden et promotion de la culture : découvrir leur parcours

La bijouterie demeure le produit emblématique de l’artisanat touareg. Ce sont des parures simples ou somptueuses, qui expriment tout un univers de traditions et de représentations symboliques du monde touareg.

Inaden, et promotion de la culture

L’artisanat traditionnel touareg est une affirmation mentale et culturelle qui se rattache tout à la fois au visible et au spirituel, conçu non pour être admirée, mais pour faire figure de signe.

Le mot artisanat est communément utilisé pour parler du produit du travail de certaines catégories d’artisans, pour qualifier des objets fabriqués à la main ou avec un outillage simple ayant une certaine valeur esthétique et qui sont bien souvent la manifestation d’un mode de vie particulier.

Le Nomadisme, mode de vie des populations non sédentaires, est caractérisé par des déplacements cycliques ou périodiques afin d’assurer leur subsistance.

C’est un mode de vie hérité de père en fils. L’initiation se fait en bas âge, elle imprègne l’individu qui s’y est forgé et il perpétue les us et traditions des siens. Y contrevenir signifie pour lui une trahison.

Histoire de la bijouterie touarègue du Niger

Au début du XXe siècle, sous la pression du pouvoir colonial, les touaregs furent moins capable de subvenir à la totalité des besoins de leur artisans bijoutiers inaden. Ceux-ci vont chercher alors d’autres revenus en dehors de leur communauté. Ils se tournèrent en premier lieu vers leurs plus proches voisins : les peuls.

Les bénéfices issus de la vente de leurs produits permettaient aux inaden de cette région d’obtenir des rétributions complémentaires nécessaires pour acheter du bétail ainsi que des outils et matériaux utilisés dans le cadre de leur activité.

Puis entre les années 1930 et 1960, la société touareg, de plus en plus affectée par la colonisation ne fut plus capable de prendre en charge ses forgerons.

C’est alors que les inaden commencèrent à venir s’installer dans les zones urbaines, notamment à Agadez pour trouver une activité leur permettant de survivre.

Certains vont chercher du travail en ville dans des domaines variés (gardien, ferrailleur), d’autres vont reconstituer un atelier de forge rudimentaire en périphérie d’Agadez.

Pour survivre, ils durent adapter leurs produits aux demandes variées d’une clientèle cosmopolite composées de leurs anciens mécènes qui venaient de temps en temps leur passer commande, de citadins locaux et de colons français.

Cet exode rural des inaden Kel Air s’accrut entre les années 1970 et 1980 suite aux famines et sécheresses à répétition et notamment à la sécheresse de 1976 qui décima des cheptels entiers et contraignit les nomades peuls et touaregs à rejoindre les centres urbains.

La bijouterie touarègue moderne

Les forgerons profitèrent des retombées économiques de l’afflux des expatriés, venus travailler dans les organisations humanitaires, en réalisant des commandes pour eux.

De plus d’autres étrangers se mêlèrent à cette clientèle : les touristes venant d’Algérie en voiture et ceux des agences de voyages et plus tard le Rallye Dakar.

Petit à petit les inaden durent améliorer la qualité de leur produit et créer de nouvelles formes pour satisfaire aux goûts de leur nouvelle clientèle.

Ces nouveaux styles et ces nouvelles pratiques artisanales pour satisfaire une clientèle étrangère croissante détentrice du pouvoir économiques sont les fondamentaux de la bijouterie touarègue moderne.

Les inaden ont adapté une partie de leur production aux occidentaux, tout en conservant une partie de leur clientèle ancienne et en conquérant la clientèle citadine locale.

Inspiration stylistique

La bijouterie touarègue des Kel Aïr a subi l’influence du Nord du Sahara. Nombre de métaux tels que l’argent, le cuivre ou le fer anciennement utilisés par les inaden étaient transportés par les marchands caravaniers circulant entre le Nord et le Sud du Sahara.

Dans le cadre ce commerce transsaharien, des objets d’art et d’artisanat voyageaient également et les forgerons touareg ne furent pas insensibles aux créations venues d’Afrique du Nord.

ils s’inspirèrent aussi des style du Proche et Moyen Orient dont quelques créations parvenaient jusqu’en Aïr par les caravanes venus de l’Est.

Port des bijoux chez les touaregs

Le port de bijoux avait toujours été réglementé dans la société traditionnelle. Ce que vous portiez dépendait de votre sexe, votre état matrimonial et de votre position dans la société.

Une jeune fille recevrait un petite boucle d’oreille en forme de goutte à la naissance. En atteignant la puberté, elle être autorisé à porter le bracelet tesabit, ainsi que toutes sortes de bijoux en perles.

Quand elle est en âge d’être courtiser, elle enfilait un chatchat ou un collier celebra, les deux colliers sont associés à l’amour naissant et au flirt.

Un pendentif khomeissa est plus approprié pour une femme mariée, en raison de son association avec la fertilité et la protection.

Les grands pendentifs triangulaires teraout faisaient souvent partie de la dot de la mariée et formait ensuite la pièce maîtresse d’une collection de bijoux.

Les hommes portaient des bijoux de manière sobre et digne, surtout si c’étaient des nobles. Un pendentif tchérot en argent ou en argent et laiton autour du cou et quelques parures ornent le tagelmoust ou turban.

Ils pouvaient éventuellement porter une bague tanfouk, avec sa cornaline rouge ou en pierre d’agate qui aide à guérir les plaies..

Un garçon recevrait ses deux tagelmoust et son tchérot à l’âge de la puberté. Ils lui sont solennellement transmis par son père ou son tuteur.

Inaden et promotion de l’identité touarègue

Car c’est en partie grâce aux artisans dont la compétence, la portée et la profondeur de leur métier que les touaregs ont réussi à survivre.

L’ingéniosité des artisans, leur capacité à voyager et à assumer le rôle d’ambassadeurs du désert dans des régions éloignées du monde, leur talent pour côtoyer les étrangers, leur ouverture et leur autonomie ont préservé l’essence de l’identité touarègue, la gardant vivante, vitale. Les touaregs doivent beaucoup à leurs artisans.

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