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la femme nomade

LA FEMME NOMADE, QUEL EST SON STATUT ?

La femme nomade chez les touaregs a une fonction sociale importante. Elle est le cœur de cette culture. Les femmes représentent la stabilité et la protection, leur place est centrale, elles sont les piliers de la société et possèdent les biens matériels ainsi que la tente.

Les femmes sont détentrices du savoir culturel, notamment à travers la maîtrise de l’écriture, elles pratiquent la musique et la poésie. Avant l’islam, elles avaient un rôle de prêtresse ou devineresse (Kahina)

La femme prophétesse, poétesse

La femme nomade, dans le moyen orient préislamique, était une individualité bien distincte. Les textes relatent plusieurs cas de femmes illustres ayant jouis d‘une position sociale de premier plan.

Dans l‘Arabie du sud, au Yémen, la femme semble même avoir acquis un rôle prépondérant dans la gestion politique.

On se souvient de la reine de Saba, de Zénobie, parfois même de véritables ― cheffes de tribus, ou simplement de femmes au fort tempérament qu’on les retrouve aussi au combat, comme arbitre dans des concours de poésie, comme devineresse, prêtresse, poétesse, prophétesse.

Le kahin et la kahina

Dans tout le moyen orient avant l’islam, le kâhin, devin, passait pour être la personne la plus qualifiée à trancher les litiges. Le kâhin serait le détenteur d‘une fonction, à savoir l‘offrande des sacrifices au nom d‘une collectivité, le représentant de cette collectivité auprès de la divinité, interprète des volontés de cette dernière, il pouvait aussi communiquer sur les désirs de la divinité.

Le kâhin est décrit comme étant le ministre le plus qualifié des diverses pratiques du culte. Le kahin et son pendant féminin, la kahina, rendent les oracles.

Les kâhin occupent le sommet de cette hiérarchie ; ils accompagnent les armées, et doivent renseigner sur les desseins, les mouvements de l‘ennemi. Ils exercent également les fonctions de juge arbitre. Les kâhina sont des pythonisses avec un réel pouvoir.

La kahina, Dihya

Selon Ibn Khaldoun, ses sources et ses successeurs, Dihya, reine et chef de guerre de la deuxième moitié du VIIe siècle de notre ère, appartenait à la tribu berbère des Djerawa des Monts Awras et qu’elle mourut au combat après avoir tenu tête pendant cinq ans aux troupes musulmanes de Hassan Ibn An-Nu’man, gouverneur d’Egypte qui porta la guerre en Ifriqya. Concernant son art divinatoire, l’encyclopédiste arabe du XIIIe siècle, an-Nuwayri, affirme que « tout ce qu’elle annonça ne manqua pas d’arriver ».

Ibn Khaldoun mentionne par deux fois les facultés divinatoires de la Kahina. D’une manière générale, il affirme que, dans son cas, pouvoir et divination étaient intimement liés (id., t. III, p. 193) :

« Sachant, par divination, la tournure que chaque affaire importante devait prendre, elle avait fini par obtenir pour elle-même le haut commandement » (qu’elle conserva pendant soixante-cinq ans, d’après l’historien arabe ad-Darissi cité par Ibn Khaldoun).

RÔLE PRIMORDIALE DE LA FEMME

Dans la société touarègue c’est sur la femme touarègue que repose  la vie économique et l’avenir de la communauté. Elle gère et encadre le campement à l’absence de l’homme et participe à toutes les décisions en sa présence.

L’avis de la femme est sollicité et pris en compte dans les grandes décisions qui ont donné un sens et un contenu à la vie de cette société.

La femme touarègue a accès à la liberté d’être, d’expression, de choisir son partenaire et d’être à l’abri des sévices corporels. Pour préserver ce fondement culturel il existe un code d’honneur « Asshak » imposé aux hommes.

L’homme doit gérer son avantage physique afin de ne pas en abuser sur la femme et les faibles de la société. L’homme qui déroge à cette règle n’est plus noble et est déchu de ses droits