L’organisation des Kel Tamacheq

86 / 100 Score SEO

kel tamacheq

KEL TAMACHEQ OU CEUX QUI PARLENT LE TAMACHEQ

Les Kel Tamacheq évoluent depuis très longtemps dans le Sahara ou dans le nord du Sahel, où la recherche de l’eau conditionne la vie.

Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils soient éleveurs nomades : les besoins en nourriture du bétail poussent à la nomadisation.

Cependant, ces tribus partagent aussi des valeurs qui forment leur culture : une même organisation politique et sociale, un habitat et des habitudes alimentaires identiques, une vision symbolique du monde, et des rites semblables

Une culture nomade riche

Les Kel Tamacheq ont comme point de référence la tente, fabriquée en peaux qui représente le foyer, cellule élémentaire de la vie nomade, mais aussi le territoire de la femme par excellence, la tente étant reliée par son biais à la culture et au monde social.

Cette vie nomade implique une nourriture assez pauvre, basée sur le lait et le mil, toutefois la vie sociale est plutôt riche : les gens se retrouvent le soir pour des heures de discussion, des contes et des poésies.

ORGANISATION DES KEL TAMACHEQ

Les Kel Tamacheq ont une société hiérarchisée, où les familles individuelles se regroupent en campements, familles au sens large, puis, de manière encore plus large, en tawshit (lignages) groupe social dont tous les membres se reconnaissent une même origine ou un ancêtre commun, réel ou présumé.

Chaque tawshit joue ensuite un rôle spécifique dans la vie sociale, se répartissant en tribus guerrières tributaires imghad, tribus de nobles appelés imajeghen qui détiennent l’ettbl, qui symbolise le pouvoir politique.

Ce sont ces tribus guerrières et nobles qui ont intéressé le plus les chercheurs ou l’administration coloniale, puisque les membres de ces tribus correspondent bien à la vision romantique des touaregs.

L’Amenokal en Ahaghar

Les tribus sont regroupées au sein d’un ettbl (confédération), sous l’autorité d’un chef, l’amenokal, choisi traditionnellement dans l’une des tribus d’imajeghen.

L’Amenokal est le chef d’une fédération ou confédération. Les tawshit se définissent en deux catégories : celle des imajeghen, et  celle des tributaires Imghad. Leurs relations sont d’ordre politique et économique.

Les artisans inaḍen, en très petit nombre, forment une caste aux attributions spécifiques : ils sont chargés de l’art du feu, de la conservation de certains rites et traditions en relations de clientèle avec les uns et les autres.

Intronisation de l’amenokal

L’amenokal est élu par tous les amghar (ou chefs de clan) représentant les clans tributaires et par les aristocrates chefs de famille. Il est choisi parmi plusieurs prétendants, héritiers du droit au commandement en ligne utérine et dont on connaît parfaitement la généalogie jusqu’à quatre ou cinq générations.

Il est choisi en fonction de son caractère, de ses qualités morales et physiques, de son courage et de sa générosité, et quelques fois aussi de son âge.

Les fonctions de l’amenokal

L’amenokal rend la justice. Il arbitre les différends à tous les niveaux. Il intervient dans les associations économiques concernant les lignages imajeghen et les lignages de guerriers tributaires (imghad) pour permettre la survie des segments lignagers des imajeghen exclus du droit d’accès au commandement. Il décrète la guerre collective avec l’accord et l’appui des autres imajeghen en cas de menace, de besoin, ou pour défendre l’honneur et la cohésion morale de son groupe.

L’amenokal est donc le point de convergence de la vie et la référence qui permet le bon fonctionnement de la vie collective, qu’elle soit politique, économique, sociale ou morale.

Cependant, ses pouvoirs ne peuvent s’exercer qu’en fonction de la cohésion morale de son əṭṭəbel ou tobol et de la force de l’idéologie qui sous-tend cet ensemble.