Nomades du Sahel, damnés de la terre ?

Les damnés de la terre de Frantz Fanon

« Le respect de l’homme, de sa vie, de son identité, de son histoire, de sa liberté d’agir et de créer, de sa capacité à se développer, à s’affranchir, à s’autonomiser dans une dimension sociale, nous l’avons ressenti dans la vie, et intégré dans les traits persistants de notre action »

Le pastoralisme est une civilisation

Loin d’être un vagabondage anarchique, le pastoralisme nomade est assujetti à des stratégies fines d’utilisation des rares pâturages et de l’eau. La mobilité en est la condition nécessaire. L’élevage extensif s’organise annuellement autour des saisons. Cette organisation temporelle de l’espace est fondée sur une connaissance approfondie des caractéristiques saisonnières de la végétation et ce, sur des distances considérables.

Savoir-faire ancestral des nomades

Les Touaregs ont su répondre à ce défi depuis de nombreux siècles avant la conquête musulmane, en un temps dont on ignore le commencement, ils parcouraient ces régions lointaines où ils trouvaient, loin des terres cultivées, tout ce qu’ils désiraient.

Vocation social et politique

Il en est résulté une détermination politique de l’espace. Les sécheresses des années soixante-dix et quatre-vingt, ont été des catastrophes pour le mode de vie nomade, elles rappellent que l’adaptation de l’homme au désert est fragile. « Le désert avance », et le nomadisme pastoral, qui entretient avec le milieu naturel un rapport d’équilibre est entré dans une phase de son évolution.

Hiérarchisation des tâches

Chaque bétail a ses propres besoins. Les terrains du parcours nomade sont déterminés par les réalités naturelles et structurés par les besoins alimentaires du bétail. La condition vitale à cette gestion rigoureuse est la flexibilité. La pluviométrie y insuffisante, est de très grande variabilité dans le temps et dans l’espace. La rapidité de réaction est alors indispensable à la survie, et une mauvaise appréciation des ressources peut conduire au désastre.

Un espace contrôlé et bien géré

La répartition des troupeaux dans l’espace, et celle des groupes humains n’était pas le fruit des hasards climatiques. L’espace a donc aussi été humainement distribué. Chaque lignage contrôlait son propre réseau de puits, utilisait prioritairement certains pâturages.

Confiscation de l’espace nomade

Les contraintes auxquelles sont confrontés les pasteurs nomades se sont accentuées à la suite de l’arrivée de nouveaux acteurs qui fragilisent et rendent plus conflictuelle la gestion commune des ressources naturelles. Les acteurs miniers tendent à s’accaparer de vastes portions du territoire, ce qui restreint fortement l’accès aux ressources pour les pasteurs transhumants.

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