Jeunes du Sahel et conflits

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LES JEUNES DU SAHEL ET LES CONFLITS

Malgré son potentiel de développement, l’Afrique de l’Ouest fait face à une crise sans précédent. Aux enjeux de développement préexistants s’ajoute de nos jours une crise multiforme, sécuritaire, humanitaire et environnementale. Cette crise prend aussi racine dans les inégalités et un sentiment d’injustice profondément ancré, en particulier chez les jeunes.

La zone du Sahara central, le Mali, l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Niger est la région la plus touchée par les conflits. Depuis leur indépendance ces états ont connu une agitation et très souvent des conflits violents.

Les pays du Sahel central sont parmi les plus pauvres du continent. Le chômage et le sous-emploi touchent une grande partie des populations, dont la jeunesse.

La démographie dans ces pays est fortement orientée vers la jeunesse. En effet, la population des moins de 24 ans atteint 65% au Burkina Faso, 68% au Niger et près de 70% au Mali.

Les jeunes du Sahel représentant une majorité de la population, la question de la réduction de la vulnérabilité et du renforcement de la résilience de ces jeunes contre l’extrémisme violent est donc une priorité.

La précarité des conditions de vie entraîne le risque de marginalisation sociale, car l’absence de moyens empêche les jeunes du Sahel d’accéder au  statut d’adulte.

Pour ces jeunes du Sahel, la prise des armes aux côtés des groupes extrémistes violents apporte plus de respect que d’argent.

Le chômage des jeunes du Sahel est un problème majeur, les emplois se font rares. C’est le mobile principal de l’adhésion des jeunes aux groupes armés.

L’apaisement des communautés, l’atténuation des tensions liées aux rapports sociaux et la reconnaissance sociale du rôle de la jeunesse représentent autant de conditions nécessaires pour garantir la résilience face à la montée de l’extrémisme violent.

Comme on peut le constater, des groupes armés continuent de sévir notamment au Mali et au Niger. Et la jeunesse désœuvrée des zones pastorales vient grossir leurs rangs. Il est donc fortement nécessaire de rendre l’activité d’élevage, rentable, durable et créatrice d’emplois.

Bonnes pratiques et résolution des conflits

Certaines bonnes pratiques déjà mises en place comme le balisage des terrains, des parcelles et des frontières, tel que réalisé dans certaines régions du Sahel, a limité le déchaînement des conflits fonciers.

Les formations dispensées par des ONG locales aux populations des régions du Sahel ont facilité l’appropriation et la compréhension des règles, aussi bien coutumières que formelles, régissant l’accès aux ressources naturelles.

Les lois foncières et pastorales ont plus de chances d’être adoptées, comprises, soutenues et mises en place si elles sont issues d’un parcours inclusif aboutissant à la sécurisation des titres coutumiers.

La culture comme moyen de résolution des conflits

C’est mettre en avant les valeurs culturelles des différentes communautés comme moyen de consolidation de la cohésion sociale, mais aussi de prévention et de lutte contre l’extrémisme violence au Sahel.

La culture est la meilleure arme contre le terrorisme. A travers ses aspects, elle peut jouer un rôle pour prévenir le développement d’une mentalité terroriste, éradiquer la violence et le terrorisme, et créer un climat de tolérance, de dialogue, de compréhension, de respect.

La culture peut être un élément fédérateur puissant au service de la prévention de l’extrémisme violent, de la consolidation de la paix, du renforcement du sentiment d’appartenance et la promotion de la diversité culturelle qui favorise des sociétés plus inclusives et pacifiques.

Il faudrait intégrer la place centrale de la culture pour créer des emplois et améliorer les moyens de subsistance en s’articulant autour de trois axes :

  1. la sauvegarde du patrimoine culturel des nomades, comme le yaaral et le deegal,
  2. le déploiement d’un réseau de centres culturels axés sur les langues vernaculaire, notamment le pulaar et le tamasheq,
  3. la promotion de l’artisanat touareg pour favoriser l’employabilité, autant d’éléments qui contribuent à la prévention de l’extrémisme violent.